Grec. Point 21 : la 3e déclinaison (3) : radicaux en voyelle et mots irréguliers

Noms à radical vocalique

Ce sont des radicaux qui se terminent par ι, υ ou ευ. La déclinaison de ces mots s’enracine dans une histoire ancienne :
• Le ι vient de la lettre archaïque y (yod). Placée entre deux voyelles, cette lettre a disparu ; entre une voyelle et une consonne, elle s’est changée en ι.
• Le υ vient de la lettre archaïque F (wau, ou digamma). Placée entre deux voyelles, cette lettre a disparu ; entre une voyelle et une consonne, elle s’est changée en υ.
• À cela s’ajoute un phénomène archaïque d’alternance , entre
- le degré zéro du thème (ῥῆσι-, πέλεκυ-, ἄστυ-) aux cas directs (singulier seulement) : formes soulignées ci-dessous ;
- et un degré plein avec voyelle ε ou η. Cette voyelle η, employée au génitif, s’est abrégée, provoquant par compensation l’allongement en -ως de la désinence-ος. Cet échange des quantités entre η et ο s’appelle « métathèse de quantité ».

N.B. Certains mots échappent à cette alternance (par exemple ἡ οἶς la brebis : génitif sing. οἰός, nom. pl. οἶες, etc. ; ὁ ἰχθύς le poisson : génitif sing. ἰχθύος ; nom. pl. ἰχθύες, etc.).

Résultat, dans la pratique :

ἡ ἐπίκλησις
l’invocation
ὁ πέλεκυς
la hâche
τὸ ἄστυ
la ville
ὁ ἱερεύς
le prêtre
singulier ἡ ἐπίκλησις
ἐπίκλησι
τήν ἐπίκλησιν
τῆς ἐπικλήσεως
τῇ ἐπικλήσει
ὁ πέλεκυς
πέλεκυ
τὸν πέλεκυν
τοῦ πελέκεως
τῷ πέλεκει
τὸ ἄστυ
ἄστυ
τὸ ἄστυ
τοῦ ἄστεως
τῷ ἄστει
ὁ ἱερεύς
ἱερε
τὸν ἱερα
τοῦ ἱερως
τῷ ἱερε
pluriel αἱ ἐπικλήσεις
ἐπικλήσεις
τάς ἐπικλήσεις
τῶν ἐπικλήσεων
ταῖς ἐπικλήσεσι
οἱ πελέκεις
πελέκεις
τοὺς πελέκεις
τῶν πελέκεων
τοῖς πελέκεσι
τὰ ἄστη (de *ἄστεα)
ἄστη
τὰ ἄστη
τῶν ἄστεων
τοῖς ἄστεσι
οἱ ἱερεῖς (ou -ῆς)
ἱερεῖς (ou -ῆς)
τοὺς ἱερεῖς (ou -ῆς)
τῶν ἱερων
τοῖς ἱερεῦσι


Remarques sur les désinences :
• l’accusatif singulier reste en –ν, sauf pour les mots en -ευς.
• Par analogie avec le nominatif et le vocatif, l’accusatif pluriel est en -εις.
• Au datif pluriel, la voyelle (ι ou υ) ne s’est pas maintenue avant le σ.

Accentuation : l’accent reste à sa place malgré l’allongement de la finale par métathèse : c’est la seule transgression de la loi de la limitation (voir page sur l’accentuation) ; elle vaut aussi pour le génitif pluriel.

Remarques sur les mots : ἐπίκλησις dérive du verbe καλέω-ῶ appeler. Le modèle donné généralement est ἡ πόλις : s’entraîner à décliner ce mot. Ὁ πέλεκυς est un attribut d’Héphaïstos, avec la pince à feu ἡ πύραγρα. Le mot ἱερεύς est de la même famille de l’adjectif ἱερός « sacré » (consacré aux dieux, protégé par les dieux). Le prêtre, ἱερεύς, est chargé en particulier du sacrifice, τὸ ἱερόν.

Πολιὰ χρόνου μήνυσις, οὐ φροντήσεως. (Ménandre)
« Une toison blanche (πολιός blanc, sous-entendu κόμη chevelure) est un signe du temps, non de sagesse. »

Noms irréguliers de la 3e déclinaison

À ἀνήρ et πατήρ (lexique de la famille, page plus haut), il faut ajouter quelques autres noms dont la morphologie est particulière, par exemple :

ὀ Ζεύς Zeus ὁ ὑός le fils
(ou υἱός)
ἡ ναῦς le navire ἡ πειθώ la persuasion
singulier Ζεύς
Ζεῦ
Δία
Διός
Διί
ὁ ὑός
ὑέ
τὸν ὑόν
τοῦ ὑέος
τῷ ὑεῖ
ἡ ναῦς
ναῦ
τὴν ναῦν
τῆς νεώς
τῇ νηί
ἡ πειθώ
πειθοῖ
πειθώ
πειθοῦς
πειθοῖ
pluriel οἱ ὑεῖς
ὑεῖς
τοὺς ὑεῖς
τῶν ὑέων
τοῖς ὑέσι
αἱ νῆες
νῆες
τὰς ναῦς
τῶν νεῶν
ταῖς ναῦσι


Quelques mots, comme τό ἄστυ « la ville » ou ὁ ἰχθύς (ou ἰχθῦς) « le poisson », conservent leur voyelle υ tout au long de leur flexion : accusatif ἄστυν, génitif ἰχτύος...

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