Grec. Point 17 : les invariables à connaître - chiffres et nombres

Nous avons déjà vu les particules (coordonnantes ou non coordonnantes), ainsi que les prépositions. Faisons le point sur d’autres invariables essentiels : négations, conjonctions de subordination, adverbes de temps et de lieu. Enfin, nous n’oublierons pas les nombres.

Négations

simples οὐ : non, ne pas. Mot proclitique donc sans accent, à ne pas confondre par exemple avec le relatif οὗ (génitif de ὅς).
Devant un mot commençant par une voyelle : οὐκ (οὐχ si cette voyelle est aspirée), à ne pas confondre avec la conjonction οὖν « donc ».

μή : (ne) pas.

Οὐ est la négation objective : il s’emploie pour nier une réalité.
Μή est la négation subjective : il s’emploie avec les verbes qui, par leur mode (infinitif, participe, subjonctif, optatif, impératif) ou simplement par leur sens, expriment une volonté, un désir, une hypothèse, voire une généralité.

composées N.B. En composition, μη- peut s’employer au lieu de οὐ-, selon les mêmes critères que pour la négation simple.
οὐδείς (masc.), οὐδεμία (fém.), οὐδέν (neutre) : aucun, personne, rien (pronoms ou déterminants). Se décline comme εἷς, μία, ἕν (masculin εἷς, acc. ἕνα, gén. ἑνός, dat. ἑνί ; féminin μία, acc. μίαν, gén. μιᾶς, dat. μιᾷ ; neutre ἕν).
οὐδέ : et …ne… pas (conj. de coordination), pas même, pas non plus (adverbe)
οὔτε... οὔτε... ni… ni… ; à la fois… ne pas…, à la fois… ne pas…
οὐδαμῶς, οὔπως : aucunement, pas du tout
οὐδαμοῦ, οὐδαμῆ, οὐδαμοῖ : nulle part
οὔποτε, οὐδέποτε : (ne) jamais
οὔπω ou οὐδέπω (ne) pas encore
οὔκετι (ne)… plus
οὔκουν donc… ne… pas (à distinguer de οὐκοῦν « donc, n’est-ce pas ? »)


Conjonctions de subordination
suivies de l’indicatif (les autres seront vues plus tard)
εἰ « si » (condition ou interrogation indirecte)
ἐπεί, ἐπειδή « quand », « après que », « puisque » (ἐπεί employé comme conjonction de coordination : « en effet »)
ἵνα « dans la mesure où »
ὅτι « que » (introduit une proposition complétive), « parce que »
ὅτε « quand »
ὡς « en tant que », d’où plusieurs sens : temps (quand), comparaison (« comme »), conséquence (« si bien que »), cause (« parce que »).


Nous empruntons à la Nouvelle méthode du janséniste Pierre Nicole le tableau suivant sur les conjonctions, mêlant conjonctions de coordination et conjonctions de subordination :

Des conjonctions ou Liaisons, Σύνδεσμοι. Les Conjonctions sont ou significatives ou explétives.

Les significatives sont
• Conjonctives (συμπλεκτικοί) ; sçavoir καί &, τε que, &.
• Disjonctives (διαζευκτικοί) ; sçavoir aut, ou, et ses composés ἤτοι, ἤγουν, ou bien.
• Concessives (ἁντιθετικοί) ; sçavoir κἄν, καίπερ, etsi, encore que.
• Adversaires [sic, pour adversatives] (ἐναντιωματικοί) ; sçavoir δέ vero, mais, qui répond à μέν quidem, certes ; ἀλλά sed, mais ; ὅμως tamen, toutesfois.
• Causatives (αἰτιολογικοί) ; sçavoir γάρ enim, car ; ἵνα ut, afin que ; ὄπως quo, afin que ; εἴπερ et ἐπεί siquidem, puisque ; d’où viennent ἐπειδή, ἐπειδήπερ siquidem, quodoquidem, puisque.
• Conclusives (συλλογιστικοί) ; sçavoir ἄρα, οὖν, igitur, ergo, donc, partant ; [διό +] διόπερ quapropter, c’est pourquoi ; et même τοίνυν, τοιγάρτοι, τοιγαροῦν igitur, donc.
• Conditionnelles : εἰ, ἄν si ; d’où vient ἐάν, par contraction ἤν : et semblables.

Les explétives (πληρωματικοί), sont celles qui ne signifient rien de particulier, mais qui servent seulement à donner grâce et à remplir le discours ; comme περ, τοι, et dans les Poëtes ῤα, θήν, etc.


Adverbes de temps à connaître

interrogatifs πότε…; quand… ?
déictiques
(servant à montrer,
δείκνυμι)
ἄρτι il y a un instant
νῦν maintenant
εἶτα ou ἔπειτα ensuite
ἐνταῦθα alors
αὐτίκα ou εὐθύς aussitôt
τότε alors
ἅμα en même temps
αὖ à son tour
indéfinis • ἀεί toujours
ποτε un jour
πρότερον plus tôt
ὕστερον plus tard
πάροιθεν, πάρος auparavant
πάλαι autrefois
ἔτι encore
ἤδη désormais, déjà
τάχα bientôt, vite


Adverbes de lieu à connaître

Le lieu où l’on est le lieu où l’on va le lieu d’où l’on vient le lieu par où l’on passe
interrogatifs directs ποῦ…; où…? ποῖ…; où…? πόθεν…; d’où…? πῇ…; par où…?
déictiques αὐτοῦ
ἔνθα
ἐνθάδε ici même
δεῦρο ici
ἐνταῦθα
ἐκεῖσε là-bas
ἐνθένδε d’ici
ἔνθεν de là
ἐντεῦθεν de là
ἐκεῖθεν de là-bas
ταύτῃ par là
indéfinis που quelque part
παωταχοῦ partout
ἄλλοθι ailleurs
οὐδαμοῦ nulle part
ποι quelque part
πανταχοῖ partout
ἄλλοσε ailleurs
οὐδαμοῖ nulle part
ποθεν de quelque part
πανταχόθεν de partout
ἄλλοθεν d’ailleurs
οὐδαμόθεν de nulle part
πῃ (par) quelque part
παντάχῃ partout
οὐδαμῇ nulle part
relatifs et
interrogatifs indirects
οὗ là où (à distinguer du pronom au génitif)
ὅπου où (interr. indirect)
ἔνθα là où (relatif)
οἷ là où (relatif)
ὅποι là où (interr. indirect)
ὃθεν, ἕνθεν, ὁπόθεν d’où par où (relatif)
ὅπῃ par où (interr. indirect)


Sur les adverbes de lieu formés par dérivation, tournons-nous de nouveau vers notre grammairien du XVIIe siècle.

La Dérivation est si propre aux Adverbes, qu’il n’y en a presque point d’autres que de dérivés. Il s’en trouve néanmoins quelques primitifs, mais fort peu ; comme νῦν nunc, maintenant, χαμαί humi, par terre, χθές heri, hier, etc.
Les dérivés se prennent de presque toutes les autres parties du discours, et particulièrement des Noms, comme les exemples suivants le font voir.
Ceux de lieu en marquent la diversité selon leur diverse terminaison : ainsi, ceux en

οθι, οι, oυ, marquent le lieu où l’on est : οθεν, le lieu d’où l’on part : δε ou σε, le lieu où l’on va.
Ainsi se fait de Μέγαρα, ville de Grèce, Μεγαρόθι ou Μεγαροῖ, être à Mégare, Μεγαρόθεν, venir de Mégare, Μεγάραδε, aller à Mégare.
οὐρανός cœlum, le ciel, οὐρανόθι, être au ciel, οὐρανόθεν, venir du ciel, οὐρανόνδε ou οὐρανόσε, aller au ciel.
οἶκος domus, maison, οἴκοθι ou οἴκοι domi, au logis, οἴκοθεν, venir du logis, οἴκονδε poëtique, οἴκαδε en prose, aller au logis.
ὕψος altitudo, hauteur, ὑψόθι, et dans Homère ὑψοῦ, et ὕψι par syncope, être en haut, ὑψοθεν, d’en haut, ὑψόσε, aller en haut.


Αdverbes de quantité

ἄγαν, λίαν : trop
ἅλις : assez
μάλα : très, beaucoup. Son comparatif et son superlatif sont extrêmement fréquents : μᾶλλον plus, μάλιστα le plus, surtout.
ὀλίγον : peu (neutre de l’adjectif ὀλίγος peu nombreux)
ἧττον : moins (neutre de l’adjectif ἥττων inférieur), superlatif : ἥκιστα très peu, le moins, pas du tout
τοσοῦτον : autant (…ὅσον que)

■ Οὕτω τὸ λίαν ἧσσον ἐπαινῶ
τοῦ μηδὲν ἄγαν· (Euripide, Hippolyte, la nourrice)
« Ainsi le trop moins je loue / que le rien de trop. » → « À l’excès je préfère la maxime "rien de trop" ».

Αdverbes de manière

Ces adverbes se forment généralement à partir d’un adjectif, auquel on donne la terminaison ως.
• δίκαιος, α, ον : juste → δικαίως avec justice, justement

Les noms de nombres

Attention, tous ne sont pas invariables. Les numéraux qui se déclinent sont en caractères gras dans ce tableau.

Commençons par les chiffres et nombres de base. Ils sont invariables, sauf :
εἵς, μία, ἕν, un, qui se décline (au singulier évidemment) comme un adjectif de la 3e classe (3e déclinaison au masculin et au neutre, 1e déclinaison au féminin).
δύο se décline au duel : δύο aux cas directs, δυοῖν aux cas obliques.
τρεῖς, τρεῖς, τρία se décline (au pluriel bien sûr) suivant la 3e déclinaison.
τέτταρες: 3e déclinaison. Τέτταρες est la forme attique ; les autres dialectes ont τέσσαρες.
• les centaines et les milliers : 200 διακόσιοι, αι, α, 1000 χίλιοι, 10 000 μυρίοι

Ces noms de chiffres se déclinent également lorsqu’ils composent des nombres : 13 = τρεῖς καὶ δέκα, au neutre τρία καὶ δέκα.

De 1 à 10

1. εἶς, μία, ἕν
2. δύο
3. τρεῖς, τρεῖς, τρία
4. τέτταρες, ες, α
5. πέντε
6. ἕξ
7. ἑπτά
8. ὀκτώ
9. ἐννέα
10. δέκα

Ordinaux

πρῶτος premier
δεύτερος
τρίτος
τέταρτος
πέμπτος
ἕκτος
ἕβδομος
ὄγδοος
ἔνατος
δέκατος

Adverbes

ἅπαξ « une fois »
δίς
τρίς
τετράκις
πεντάκις
ἑξάκις
ἑπτάκις
ἐνάκις
δεκάκις

De 11 à 20

11. ἕνδεκα
12. δώδεκα
13. τρεῖς καὶ δέκα
14. τέτταρες καὶ δέκα
15. πεντεκαίδεκα
16. ἑκκαίδεκα
17. ἑπτακαίδεκα
18. ὀκτωκαίδεκα
19. ἐννεακαίδεκα
20. εἴκοσι(ν)

Ordinaux

ἐνδέκατος
δωδέκατος
τρίτος καὶ δέκατος
etc.




20e : εἰκοστός

Adverbes

ἐνδεκάκις
etc.






20 fois : εἰκοσάκις

De 21 à 100

21. εἷς καὶ εἴκοσι(ν) ou
εἴκοσι (καὶ) εἷς
30. τριάκοντα
40. τετταράκοντα
50. πεντήκοντα
60. ἑξήκοντα
70. ἑβδομήκοντα
80. ὀγδοήκοντα
90. ἐνενήκοντα
100. ἑκατόν

Ordinaux

πρῶτος καὶ εἰκοστός
τριακοστός
τετταρακοστός
etc.




100e : ἑκατοστός

Adverbes

εἰκοσάκις ἅπαξ
τριᾱκοντάκις
etc.






100 fois : ἑκατοντάκις

De 200 à 1000

200. διακόσιοι, -αι, -α
300. τριᾱκόσιοι
400. τετρακόσιοι
500. πεντακόσιοι
600. ἑξακόσιοι
700. ἑπτακόσιοι
800. ὀκτακόσιοι
900. ἐνακόσιοι
1000. χίλιοι

Ordinaux

διακοσιοστός
τριακοσιοστός
etc.




1000e : χιλιοστός

Adverbes

διακοσιάκις
etc.






1000 fois : χιλιάκις

De 2000 à 20 000

2000. δισχίλιοι
3000. τρισχίλιοι
10 000. μυρίοι
20. 000. δισμυρίοι

Ordinaux

δισχίλιοστος
τρισχίλιοστος
μυριοστός
δισμυριοστός

Adverbes

δισχιλιάκις
τρισχιλιάκις
μυριάκις
δισμυριάκις


Remarque : μύριοι, avec accent sur la première syllabe, signifie « très nombreux ».

Comment les nombres sont-ils représentés en grec ?

Les chiffres sont représentés par des lettres. Comme l’alphabet n’en comprend que 24, il a fallu en introduire trois autres : deux lettres archaïques (le digamma et le koppa) et une lettre empruntée à l’alphabet phénicien (le sampi). Ce système permet d’aller jusqu’à 999. Pour les milliers, on utilise la lettre M (comme μυρίοι).
Sur l’histoire de la numérotation en Grèce ancienne, lire cet article en ligne de Samuel Verdan (université de Lausanne) :
http://culturemath.ens.fr/histoire%20des%20maths/pdf/Verdan.pdf
Sur le site info-grece.com, il est possible de convertir n’importe nombre dans les différents systèmes grecs :
http://www.info-grece.com/conversion/chiffre-grec

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