Grec. Point 15 (le participe), lecture. Impérialisme et tyrannie

Isocrate compare les dangers de l’impérialisme à ceux de la tyrannie.
Quand Isocrate écrit ce discours, probablement en 356 (avant J.-C.), une nouvelle guerre oppose Athènes à ses alliés, comme en 431. C'est l'impérialisme athénien qui est en cause : les cités grecques doivent rester autonomes. Noter l'actualité de ce problème, qui est à l'arrière-plan de bien des réflexions sur l'impérialisme aujourd'hui.

Les réponses aux questions se trouvent en bas de page.

Ὁρᾶτε δὲ καὶ τὰς μοναρχίας τὰς ἐν ταῖς πόλεσι καθισταμένας, ὅσους ἔχουσι τοὺς ἐπιθυμητὰς καὶ τοὺς ἑτοίμους ὄντας ὁτιοῦν πάσχειν ὥστε κατασχεῖν αὐτάς· αἷς τί τῶν δεινῶν ἢ τῶν χαλεπῶν οὐ πρόσεστιν; Οὐκ εὐθὺς ἐπειδὰν λάβωσι τὰς δυναστείας, ἐν τοσούτοις ἐμπεπλεγμένοι κακοῖς εἰσιν, ὥστ' ἀναγκάζεσθαι πολεμεῖν μὲν ἅπασι τοῖς πολίταις, μισεῖν δ' ὑφ' ὧν οὐδὲν κακὸν πεπόνθασιν, ἀπιστεῖν δὲ τοῖς φίλοις καὶ τοῖς ἑταίροις τοῖς αὑτῶν, παρακατατίθεσθαι δὲ τὴν τῶν σωμάτων σωτηρίαν μισθοφόροις ἀνθρώποις, οὓς οὐδὲ πώποτ' εἶδον, μηδὲν δ' ἧττον φοβεῖσθαι τοὺς φυλάττοντας ἢ τοὺς ἐπιβουλεύοντας, οὕτω δ' ὑπόπτως πρὸς ἅπαντας ἔχειν ὥστε μηδὲ τοῖς οἰκειοτάτοις θαρρεῖν πλησιάζοντας; Εἰκότως· συνίσασι γὰρ τοὺς πρὸ αὑτῶν τετυραννευκότας τοὺς μὲν ὑπὸ τῶν γονέων ἀνῃρημένους, τοὺς δ' ὑπὸ τῶν παίδων, τοὺς δ' ὑπ' ἀδελφῶν, τοὺς δ' ὑπὸ γυναικῶν, ἔτι δὲ τὸ γένος αὐτῶν ἐξ ἀνθρώπων ἠφανισμένον. Ἀλλ' ὅμως ὑπὸ τοσαύτας τὸ πλῆθος συμφορὰς ἑκόντες σφᾶς αὐτοὺς ὑποβάλλουσιν. Ὅπου δ' οἱ πρωτεύοντες καὶ δόξας μεγίστας ἔχοντες τοσούτων κακῶν ἐρῶσι, τί δεῖ θαυμάζειν τοὺς ἄλλους, εἰ τοιούτων ἑτέρων ἐπιθυμοῦσιν;
Οὐκ ἀγνοῶ δ' ὅτι τὸν μὲν περὶ τῶν τυράννων λόγον ἀποδέχεσθε, τὸν δὲ περὶ τῆς ἀρχῆς δυσκόλως ἀκούετε· πεπόνθατε γὰρ πάντων αἴσχιστον καὶ ῥᾳθυμότατον· ἃ γὰρ ἐπὶ τῶν ἄλλων ὁρᾶτε, ταῦτ' ἐφ' ὑμῶν αὐτῶν ἀγνοεῖτε. Καίτοι […] τὴν δ' ἀρχὴν τὴν κατὰ θάλατταν μέγιστον τῶν ἀγαθῶν, τὴν οὐδὲν οὔτε τοῖς πάθεσιν οὔτε ταῖς πράξεσι τῶν μοναρχιῶν διαφέρουσαν.

1. Ὁρᾶτε δὲ καὶ τὰς μοναρχίας τὰς ἐν ταῖς πόλεσι καθισταμένας,
Lexique : ὁράω-ῶ voir - μοναρχία, ας (ἡ) : la monarchie - πόλις, εως (ἡ) : la cité - καθ-ίσταμαι : établir

Question 1. Quelle est la nature de καί après δέ, et comment pouvez-vous le traduire ?
Q. 2. Pourquoi l’article τάς est-il répété ?
Q. 3. Quelle est la fonction du participe καθισταμένας ?
Q. 4. Traduire cette portion de phrase en bon français, après avoir bien observé la syntaxe et les désinences grecques bien sûr…
Q. 5. Transposer τὰς μοναρχίας au singulier, en conservant son cas.

2. ὅσους ἔχουσι τοὺς ἐπιθυμητὰς καὶ τοὺς ἑτοίμους ὄντας ὁτιοῦν πάσχειν ὥστε κατασχεῖν αὐτάς.
«combien elles trouvent de gens qui le convoitent et sont prêts à tout supporter pour s’en emparer.»

3. Αἷς τί τῶν δεινῶν ἢ τῶν χαλεπῶν οὐ πρόσεστιν ;
« Mais quel malheur ou quelle difficulté n’y sont pas attachés ? »

4. Οὐκ εὐθὺς ἐπειδὰν λάβωσι τὰς δυναστείας, ἐν τοσούτοις κακοῖς ἐμπεπλεγμένοι εἰσιν,
La négation οὐκ porte ici sur toute la phrase : « n’est-il pas vrai que… ? »
εὐθύς : aussitôt - ἐπειδὰν = ἐπειδή (« quand ») ἄν - λάβωσι : subjonctif (ἔλαβον aoriste de λαμβάνω prendre) - δυνάστεια, ας (ἡ) : le pouvoir - τοσοῦτος, αύτη, οῦτο : tel… que (ὥστε) - ἐμπεπλεγμένοι εἰσιν : ils sont enserrés (ἐμ-πλέκω enserrer, enlacer)

Q. 6. Λάβωσι : quel est l’emploi du subjonctif ici ?
Q. 7. Ἐν κακοῖς : quel est l’emploi ici de l’adjectif κακός ?
Q. 8. Traduire cette portion de phrase.
Q. 9. Conjuguer λάβωσι à toutes les personnes.

5. ὥστ' ἀναγκάζεσθαι πολεμεῖν μὲν ἅπασι τοῖς πολίταις, μισεῖν δ' ὑφ' ὧν οὐδὲν κακὸν πεπόνθασιν, ἀπιστεῖν δὲ τοῖς φίλοις καὶ τοῖς ἑταίροις τοῖς αὑτῶν,
Ὑφ' ὧν οὐδὲν κακὸν πεπόνθασιν : « ceux dont ils n’ont jamais subi aucun mal ».
ὥστε : (si bien) que - ἀναγκάζω contraindre - πολεμέω-ῶ faire la guerre - ἅπαντες absolument tous (dérivé de πᾶς tout) - πολίτης (ὁ) le (con)citoyen - μισέω-ῶ haïr - ἀπιστέω-ῶ : se défier de (+ datif) - φίλος (ὁ) l’ami - ἑταῖρος, ου (ὁ) : le compagnon

Q. 10. Comment expliquez-vous que ὥστε introduise un verbe à l’infinitif ?
Q. 11. Pourquoi l’article τοῖς est-il répété, dans l'expression τοῖς αὑτῶν ?
Q. 12. Quelle est la nature exacte du pronom αὑτόν (ne pas le confondre avec αὐτός) ?
Q. 13. Traduire cette portion de phrase.
Q. 14. Transposer τοῖς πολίταις et τοῖς ἑταίροις au singulier, en conservant leur cas.

6. παρακατατίθεσθαι δὲ τὴν τῶν σωμάτων σωτηρίαν μισθοφόροις ἀνθρώποις, οὓς οὐδὲ πώποτ' εἶδον,
οὐδὲ πώποτ' : « même jamais »
παρα-κατα-τίθεμαι : confier - σῶμα (τό) : le corps, d’où la vie - σωτηρία, ας (ἡ) : le salut - μισθοφόρος, ου : rémunéré - εἶδον : aoriste de ὁράω-ῶ

Q. 15. Comment interprétez-vous la place de τῶν σωμάτων ?
Q. 16. Traduire cette portion de phrase.
Q. 17. Transposer τῶν σωμάτων au singulier.

7. μηδὲν δ' ἧττον φοβεῖσθαι τοὺς φυλάττοντας ἢ τοὺς ἐπιβουλεύοντας,
«de ne craindre pas moins leurs gardes que les conspirateurs,»

8. οὕτω δ' ὑπόπτως πρὸς ἅπαντας ἔχειν ὥστε μηδὲ τοῖς οἰκειοτάτοις θαρρεῖν πλησιάζοντας ;
« et d’être si suspicieux envers absolument tout le monde qu’ils ne sont même pas rassurés quand ils sont auprès de leurs proches ? »

Q. 18. Τοὺς φυλάττοντας, τοὺς ἐπιβουλεύοντας : comment, du point de vue de la syntaxe, sont employés ces deux participes ? Même question pour πλησιάζοντας.
Q. 19. Ὑπόπτως ἔχειν « être suspicieux » : expliquer par la syntaxe le sens de ἔχειν ici.
Q. 20. Οἰκειοτάτοις : quel est le degré de cet adjectif ?

9. Εἰκότως· συνίσασι γὰρ τοὺς πρὸ αὑτῶν τετυραννευκότας τοὺς μὲν ὑπὸ τῶν γονέων ἀνῃρημένους, τοὺς δ' ὑπὸ τῶν παίδων, τοὺς δ' ὑπ' ἀδελφῶν, τοὺς δ' ὑπὸ γυναικῶν, ἔτι δὲ τὸ γένος αὐτῶν ἐξ ἀνθρώπων ἠφανισμένον.
« Et cela est naturel ; car ils savent bien que, parmi les tyrans qui les ont précédés, les uns ont été tués par leurs parents, d’autres par leurs enfants, certains par leurs frères, d’autres par leur femme, et qu’en outre leur famille a disparu de la terre. »

Q. 21. Comment appelle-t-on en stylistique la tournure μέν... δέ... ?
Q. 22. συνίσασι… ἀνῃρημένους… ἠφανισμένον : comment expliquez-vous que le verbe συνίσασι « ils savent » se construise avec des participes ?
Q. 23. À quoi sert la préposition ὑπό + génitif ?

10. Ἀλλ' ὅμως ὑπὸ τοσαύτας τὸ πλῆθος συμφορὰς ἑκόντες σφᾶς αὐτοὺς ὑποβάλλουσιν.
«Néanmoins, c’est de leur plein gré qu’ils s’exposent à une si grand nombre d’infortunes.»

11. Ὅπου δ' οἱ πρωτεύοντες καὶ δόξας μεγίστας ἔχοντες τοσούτων κακῶν ἐρῶσι, τί δεῖ θαυμάζειν τοὺς ἄλλους, εἰ τοιούτων ἑτέρων ἐπιθυμοῦσιν ;
ὅπου : là où, quand - πρωτεύω : être le premier - δόξα (ἡ) l’opinion ou la renommée - μέγιστος : très grand, le plus grand (superlatif de μέγας) - τοσοῦτος, αύτη, οῦτο si grand, si considérable - ἐράω-ῶ : désirer + génitif - τί : pourquoi, comment - δεῖ il faut - θαυμάζω s’étonner de (+ accusatif) - ἄλλος autre - τοιοῦτος, αύτη, οῦτο - ἕτερος autre - ἐπιθυμέω-ῶ : convoiter + génitif

Q. 24. Οἱ πρωτεύοντες καὶ ἔχοντες : quelle est la construction de ces participes ?
Q. 25. Quelle est la nature de τί ? Quel est le nominatif masculin singulier ?
Q. 26. Traduire cette phrase.

12. Οὐκ ἀγνοῶ δ' ὅτι τὸν μὲν περὶ τῶν τυράννων λόγον ἀποδέχεσθε, τὸν δὲ περὶ τῆς ἀρχῆς δυσκόλως ἀκούετε·
Tὸν μὲν λόγον… τὸν δὲ
ἀγνοέω-ῶ : ignorer - τύραννος, ου (ὁ) : le tyran - ἀποδέχομαι : admettre - ἀρχή (ἡ) : (ici) l’empire - δυσκόλως : avec désagrément - ἀκούετε : entendre ou écouter

Q. 27. Expliquer par la syntaxe la fonction de περὶ τῶν τυράννων : de quoi dépend cette expression ?
Q. 28. Traduire la phrase.
Q. 29. Conjuguer ἀποδέχομαι à l’imparfait (ce verbe ne s’emploie qu’à la voix moyenne).

13. πεπόνθατε γὰρ πάντων αἴσχιστον καὶ ῥᾳθυμότατον·
« car vous avez le défaut le plus honteux de tous, dû à la plus grande paresse : »

14. ἃ γὰρ ἐπὶ τῶν ἄλλων ὁρᾶτε, ταῦτ' ἐφ' ὑμῶν αὐτῶν ἀγνοεῖτε.
Ἅ : pronom relatif, « ce que » - ἐπί + génitif : au sujet de

Q. 30. Traduire cette phrase.

15. Καίτοι ἡγεῖσθε τὴν ἀρχὴν τὴν κατὰ θάλατταν μέγιστον τῶν ἀγαθῶν, τὴν οὐδὲν οὔτε τοῖς πάθεσιν οὔτε ταῖς πράξεσι τῶν μοναρχιῶν διαφέρουσαν.
καίτοι : or - ἡ θάλαττα la mer - ἡγέομαι-οῦμαι penser, considérer - ἀγαθός bon - οὐδέν : (rien), aucunement - πάθος, ους (τό) : l’action subie - πρᾶξις, εως (ἡ) : l’action exécutée (par opposition à πάθος, l’action subie) - διαφέρω : différer (être différent) de + génitif

Q. 31. Comment expliquez-vous la répétition de l’article τήν (remarquer qu’il est répété deux fois) ?
Q. 32. Quel est l’emploi de l’adjectif ἀγαθός ?
Q. 33. Quelle est la fonction du participe διαφέρουσαν ?
Q. 34. Traduire cette phrase.
Q. 35. Transposer διαφέρουσαν au masculin et au neutre, en conservant le cas.
Q. 36. Quel(s) autre(s) sens de ἀρχή connaissez-vous ?
Q. 37. S’il vous reste du temps, rédigez quelques mots de commentaire. À quel(s) tyran(s) Isocrate peut-il songer ici ? Que reproche Isocrate à l’impérialisme athénien ?


RÉPONSES et TRADUCTIONS

Q. 1. Καί est employé comme adverbe : il ne signifie donc pas « et » mais « aussi ».
Q. 2. L’article τάς est répété parce que l’expression ἐν ταῖς πόλεσι καθισταμένας est complément de τὰς μοναρχίας.
Q. 3. Conséquence de la question 2 : le participe καθισταμένας est épithète de μοναρχίας.
Q. 4. « Vous voyez les monarchies qui se sont établies dans les cités,… »
Q. 5. Τὴν μοναρχίαν.
Q. 6. En proposition subordonnée avec la particule ἄν, il ne peut s’agir que d’un subjonctif éventuel (à traduire par un présent ou par un futur, selon le temps du verbe de la proposition principale).
Q. 7. L’adjectif κακοῖς est substantivé : « mauvaises choses », ici « problèmes », κακός étant substantivé au neutre.
Q. 8. « N’est-il pas vrai que, lorsqu’ils se sont emparé du pouvoir suprême, ils se trouvent engagés dans des difficultés si grandes… »
Q. 9. Λάβω, λάβῃς, λάβῃ, λάβωμεν, λάβητε, λάβωσι.
Q. 10. Ὥστε + infinitif introduit une conséquence logique, alors qu’avec l’indicatif il exprime une conséquence réelle. « Il est trop grand pour passer » / « il est si grand qu’il ne passe pas ».
Q. 11. Voir question 2. Le réfléchi αὑτῶν est complément de τοῖς φίλοις et de τοῖς ἑταίροις : « les amis d’eux-mêmes », d’où « leurs propres amis », et « leurs propres compagnons ».
Q. 12. Αὑτόν est le pronom réfléchi de 3e personne (« lui-même »).
Q. 13. « … qu’ils sont obligés de faire la guerre à tous les concitoyens, de haïr ceux dont ils n’ont (pourtant) subi aucun mal, de se méfier de leurs propres amis et de leurs propres compagnons,… »
Q. 14. Τῷ πολίτῃ, τῷ ἑταίρῳ.
Q. 15. Τῶν σωμάτων est complément du nom τὴν σωτηρίαν ; il se trouve donc, logiquement, entre l’article et le nom.
Q. 16. « … de confier le salut de leur vie (= leur sécurité) à des hommes rémunérés, qu’ils n’ont même jamais vus, … »
Q. 17. Τοῦ σώματος.
Q. 18. Tοὺς φυλάττοντας et τοὺς ἐπιβουλεύοντας sont des participes substantivés : « ceux qui gardent », « ceux qui complotent ». Πλησιάζοντας est un participe apposé (« étant près de… »), donc avec une valeur circonstancielle (« quand ils sont près de… »)
Q. 19. Ἔχω avec adverbe = εἰμι (« être ») avec adjectif.
Q. 20. Οἰκειοτάτοις : superlatif de supériorité.
Q. 21. Μέν... δέ... sert à former une parataxe (« coordination » est le terme équivalent en grammaire).
Q. 22. Συνίσασι : le verbe (σύν)οιδα, « je sais », est à l’origine un verbe de perception. Savoir, c’est avoir vu. Or, les verbes de perception se construisent avec une proposition participale.
Q. 23. La préposition ὑπό + génitif sert à introduire un complément d’agent (voir phrase 3, où elle est employée avec le verbe πάσχω, au parfait πέπονθα : « subir de la part de… »).
Q. 24. Οἱ πρωτεύοτες καὶ ἔχοντες : participes substantivés, «ceux qui sont premiers et (ceux) qui possèdent… »)
Q. 25. Τί est un pronom interrogatif : il porte un accent. Τι sans accent est le pronom-déterminant indéfini (« un », « quelque »). Son nominatif masculin singulier est τίς.
Q. 26. « Quand les puissants et ceux qui jouissent de la plus haute renommée désirent de telles calamités (c.-à.-d. ce qui est propre à leur attirer de telles calamités), comment s’étonner (littéralement « comment faut-il s’étonner ») du fait que les autres hommes (litt. « des autres, si… ») convoitent d’autres calamités semblables ? »
Q. 27. L’expression περὶ τῶν τυράννων se trouve entre l’article τόν et le nom λόγον, elle est donc complément de ce nom : « le (c.-à-d. mon) discours au sujet des tyrans ».
Q. 28. « Je n’ignore pas que vous approuvez mon discours au sujet des tyrans, mais que vous écoutez défavorablement (mon discours, ce que je dis) au sujet de l’empire ;… »
Q. 29. Ἀπ-ε-δεχόμην, ἀπεδέχου, ἀπεδέχετο, ἀπεδεχόμεθα, ἀπεδέχεσθε, ἀπεδέχοντο.
Q. 30. «... car ce que vous entendez au sujet des autres, vous l’ignorez au sujet de vous-mêmes. »
Q. 31. Les deux τήν reprennent le premier, qui détermine ἀρχήν « l’empire ». Par conséquent, l’expression κατὰ θάλατταν est complément de ἀρχήν (« l’empire sur mer »), ainsi que le participe διαφέρουσαν « différant », « qui diffère » (donc « lui qui ne diffère en rien… »).
Q. 32. L’adjectif ἀγαθός est substantivé : τὰ ἀγαθά « les biens ».
Q. 33. Διαφέρουσαν est épithète de ἀρχήν.
Q. 34. «Or, vous considérez le pouvoir sur mer comme le plus grand des biens, alors qu’il ne diffère aucunement (= que rien ne le distingue) ni des épreuves ni des actions des monarchies.»
Q. 35. Masculin διαφέρων, neutre διαφέρον.
Q. 36. Ἀρχή signifie « autorité » ou « commencement ».
Q. 37. La réflexion sur les malheurs du tyran est un lieu commun de la littérature antique. Un dialogue de Xénophon développe ce thème : c’est le Hiéron (à lire en ligne, par exemple ici). Hiéron, tyran de Syracuse (478-466 avant J.-C.), en est bon un exemple. Platon, lui aussi, critique la tyrannie dans le livre VIII de La République. La tragédie est pleine de tyrans malheureux, dont le pouvoir s’est avéré être une malédiction : Xerxès (Les Perses d’Eschyle), Œdipe (Œdipe roi de Sophocle), Penthée (Les Bacchantes d’Euripide)… Le tyran contrevient à la σωφροσύνη, valeur grecque essentielle.

Desk02 theme