Méthode : l'oral de culture générale au concours Mines-Ponts (mise à jour : 22 janvier 2018)

Les textes proposés à l’oral des Mines sont des textes récents (deuxième moitié du XXe siècle, début du XXIe), de forme généralement argumentative. Il peut s’agir de textes de presse, mais aussi d’extraits d’œuvres littéraires ou d’essais.

D'abord, il faut soigner ce qu'en rhétorique on appelle l'action : tenue (soignée), gestuelle (sobre mais efficace, accompagnant le discours), voix (bien posée). Le regard ne doit pas être fuyant ; ne pas s’immerger dans ses notes. Bien poser ses deux pieds par terre : ne pas croiser les jambes. Regarder le jury (sans négliger personne, s'il est composé de deux ou plusieurs examinateurs), se tenir droit, ne pas cacher ses mains, ne pas manipuler nerveusement son crayon...

En outre, le jury est très attentif à la qualité du français. S’exprimer avec « clarté et distinction » (Descartes), dans un français simple, parfaitement clair.
http://anagnosis.org/gnosis/?q=node/54

1. Analyse du texte : compréhension d’une pensée

Le but de l’analyse est de prouver que l’on a bien compris le texte : donc, éviter toute forme de confusion.
Durée : 5 à 7 minutes.

Introduire brièvement l’analyse :
- thème développé par le texte
- thèse (point de vue) de l’auteur.
- facture du texte : genre (article de presse, extrait d’un essai…), tonalité dominante (dramatique, satirique, etc.).
- point de vue exprimé : celui d’un expert, d’un journaliste, d’un militant, etc.
- découpage rapide, en soulignant la structure logique (oppositions, déductions, etc.). Ne pas se contenter d’additionner les idées.

Analyser ensuite le texte, en suivant de préférence l’ordre des étapes qui le constituent.
→ Expliciter les idées directrices, mais aussi les sous-entendus (présupposés et thèses implicites qui sont réfutées par l’auteur).
→ Identifier les arguments.
http://anagnosis.org/gnosis/?q=node/19
→ Commenter la manière dont l’auteur s’implique (ou non) dans son argumentation.
→ Commenter la fonction des exemples : valeur simplement illustrative ? Matière du raisonnement ? Modèles à suivre ?...

Observer la forme : grammaire, rhétorique, tonalité, stratégie de l’auteur.

Conclure l’analyse par une courte récapitulation, en soulignant l’intérêt singulier du texte.

Éviter :
- le résumé (réservé à l’oral de Polytechnique),
- la paraphrase (pure reformulation)
- les commentaires personnels.

Faire en une ou deux phrases une transition avec le commentaire.

2. Dissertation : production d’une pensée

Le but de la dissertation est de montrer que l’on possède une vraie culture générale (concrète et personnelle), et que l’on est capable d’articuler un raisonnement cohérent (en deux ou trois parties).
Durée : 15 minutes.

Présenter le sujet choisi :
- Question principale posée par le texte,
- autre question impliquée par celui-ci,
- ou citation à l’intérieur du texte.

Éviter de donner le sentiment de plaquer sur le texte une dissertation toute faite (sur « le progrès », par exemple, thème classique mais qui ne correspond pas toujours au problème précis que pose le texte).

Formuler une problématique : question et enjeu(x).

Une bonne problématique est une question qui se pose réellement.
Contre-exemples : « L’absurde-est-il à l’origine de tout conception du monde ? » (réponse négative évidente) Pire : « Les femmes doivent-elles être traitées à égalité avec les hommes ? » (réponse positive évidente)
Une bonne problématique ne se contente pas d’interroger les moyens. « Comment peut-on réagir à l’absurdité du monde ? » (la question est d’abord de savoir si le monde est absurde…) Autre contre-exemple : « la révolte est-elle l’unique moyen de résister à l’oppression ? »

Une bonne problématique est une question précise.
Contre-exemple : « Qu’est-ce que l’homme ? » « De quoi est fait l’univers ? » « L’homme est-il libre ? »
(de manière générale, il est difficile de dire quelque chose de concret et d’intéressant en quinze minutes sur « l’homme »…)
Autre contre-exemple : « le point de vue de l’auteur est-il juste ? »

Annoncer le plan : 2 ou 3 point de vue, organisés de manière dialectique (thèse/antithèse). Il peut arriver qu’un troisième point de vue puisse être proposé, s’il est clair et concret et non un mélange confus de différents points de vue.

• La matière du développement ne peut être constituée que d’exemples précis, situés, connus de manière personnelle. Ils doivent être le plus nombreux possible. Ne pas citer une œuvre dont on ne connaît que le titre.

Éviter à tout prix :
- les généralités
- les idées reçues et autres « propos de café du commerce » (rapport X 2003)
- les prescriptions (« la société doit… », « les historiens devraient… »)
- les prises de position partisanes ou idéologiques
- les confidences personnelles
- les exemples rebattus, banals, peu aptes à valoriser une culture générale.

3. Entretien

Le but de l’entretien est de « réparer telle omission » ou de « corriger telle erreur » (selon le jury), mais aussi de tester le candidat sur son vocabulaire et sur sa culture générale.
Il faut saisir la perche tendue par l’examinateur, sans s’obstiner, ni à faire preuve à l’inverse d’une excessive obséquiosité. Le dialogue doit être honnête et constructif.

Lire les rapports du jury sur le site mines-ponts.fr
Rappel important : utiliser les conseils pour se préparer à l’oral de culture générale des écoles scientifiques.

Français: 

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