Travail manuscrit : les critères de forme à respecter

Les règles de présentation permettent au correcteur d’accéder directement à la pensée du candidat. Elles doivent donc être scrupuleusement respectées.

1. Ce qu’il ne faut surtout pas oublier de faire.

  • Si le correcteur doit commenter la copie, lui laisser une marge suffisamment large pour le faire.
  • Relire sa copie attentivement : au moins un quart d’heure est nécessaire. Le correcteur doit lire un texte achevé et assumé, et non faire la voiture-balai.
  • Vérifier qu’aucune des références qui permettent de classer la copie ne manque : nom, prénom, date, nature de l’exercice.
  • Numéroter les pages, non les copies : 1/12, 2/12, 3/12...
  • S'assurer que la présentation est propre, en particulier les ratures (aussi rares que possible), tracées à la règle, et les titres, soulignés à la règle également.

2. Orthographe et syntaxe

  • La règle est de ne laisser AUCUNE erreur dans la copie. La marge de tolérance est très faible.
  • Certaines erreurs sont particulièrement pénibles du fait de leur répétition, notamment sur les mots «héros», «souci», «parmi», «hasard», «bizarre», «cauchemar», «absence», «personnalité», «rationalité», «apercevoir», «appeler» (il appelle), «interpeller», «jeter» (il jette), «intérêt», «notamment», «précisément», «réellement», «exalter», «exhorter», «recueil»...
  • L’orthographe grammaticale doit être maîtrisée, par exemple les terminaisons verbales en [i] (verbes des 2e et 3e groupes, à l'indicatif et au participe). Utiliser le fameux Bled ou Pratique du français de A à Z de Bénédicte Gaillard (Hatier), par exemple.
  • La syntaxe doit être, elle aussi, respectée. Écrire des phrases simples. Faire attention aux interrogations indirectes : «L’auteur se demande pourquoi ce personnage est présent.» (non «est-il») «Pourquoi ce personnages est-il présent ?»
  • Une erreur sur un nom propre porte gravement atteinte à la crédibilité de la réflexion : Eschyle, Shakespeare, Dostoïevski, Baudelaire, (Théophile) Gautier, Huysmans ou Apollinaire, par exemple, sont souvent malmenés. Ne laisser aucune place au hasard.

3. Accents

  • Les accents sur les majuscules sont de règle dans un travail dactylographié, mais ne doivent pas être utilisés dans un texte manuscrit.
  • Les accents doivent être soignés et clairement reconnaissables : é, è, ê.
  • Attention à quelques erreurs classiques, qui sont de très mauvais signaux aux yeux d’un correcteur : sur «créer», «créé», «il crée», sur «réel» et «réellement», sur «nécessaire» et «nécessité», sur «événement», sur «dû», «dus» et «due», sur «symbole» et «symptôme», sur «théâtre», sur «maître» et «maîtrise», sur «paraître», «apparaître», «connaître» ou «entraîner»…
  • Pas d’accent sur «cela», contrairement à «voilà». Ne pas utiliser «ça» (familier).

4. Ponctuation

  • Négligée, elle rend la phrase confuse ou incompréhensible. Par exemple : «Nerval comme Gautier introduit une dimension mystique dans ses récits»… Le lecteur hésitera entre «Nerval, comme Gautier, introduit…» (comparaison) et «Nerval, comme Gautier introduit…» (expression de la cause).
  • Une incise s’ouvre et se referme par une virgule. «Le poète, d’après Platon, est chose légère et ailée.» Si on ouvre l’incise par une virgule, il faut en mettre une également à la fin.

5. Trait d’union

  • Il est souvent omis dans les locutions «c’est-à-dire», «vis-à-vis» ou «peut-être». Inversement, dans l’expression «il peut être…», il n’y a pas de trait d’union.
  • Il est requis également dans des noms propres comme «Saint-Sulpice» ou «Saint-Bernard», quand ils désignent un lieu (ville, église…) ou une institution, et non une personne. Distinguer l’église Saint-Bernard (avec majuscule à «Saint» et trait d’union) et saint Bernard (avec minuscule et sans trait d’union) de Clairvaux.

    Ne pas confondre le trait d’union et l’apostrophe : faire la différence entre «pense-t-il» ou «va-t-il… ?» et «Va-t’en !» Dans le second cas, «t’» est l’élision de «te», d’où l’apostrophe.

6. Graphie

  • L’écriture se travaille : il faut s’appliquer. Elle doit être assez grande pour être lisible, et les lettres doivent être bien tracées. Ne pas confondre le «n» avec le «m» ou avec le «r», par exemple.
  • Le stylo à bille donne l’impression d’une certaine négligence et gêne souvent la lecture (points et signes de ponctuation moins visibles). Utiliser un stylo à plume.
  • Les majuscules doivent être soigneusement distinguées des minuscules. Certains noms communs exigent une majuscule quand ils désignent une période de l’histoire : l’Antiquité, le Moyen Âge, la Renaissance… Mais il est inutile de donner une majuscule à l’»Homme», qui n’y gagne absolument rien. Réserver la majuscule à l’initiale : aucun mot ne doit être écrit entièrement en majuscules.

7. Alinéas

  • Éviter les paragraphes d’une ou deux lignes. Chaque paragraphe correspond au développement d’une idée complète.
  • Tout alinéa, pour être visible, exige un retrait : le premier mot du paragraphe commence à environ un centimètre de la marge de gauche. Ce retrait doit rester d’égale longueur du début à la fin de la copie.
  • Une ligne blanche ne se justifie que pour séparer deux parties.

8. Fins de lignes

  • Ne jamais terminer une ligne par une apostrophe («l’», «d’»…) ou par des guillemets ouverts («).
  • Ne pas couper un mot après une seule syllabe.
  • Un mot coupé en fin de ligne doit l’être entre deux syllabes : ainsi «com-plet» (le «p» fait partie de la deuxième syllabe), mais «pal-per» (le «l» cette fois fait partie de la première syllabe).

9. Titres

  • Où mettre les majuscules ?

    Faire attention à la présence ou à l’absence de l’article : Illusions perdues, Voyage au bout de la nuit, Le Quai des brumes, Les Perses

    Les premiers mots d’un titre prennent une majuscule jusqu’au premier substantif compris, sauf si le premier mot est un article indéfini ou une préposition : L’Insoutenable Légèreté de l’être, Les Âmes mortes, Les Fleurs bleues, La Femme de trente ans, Une ténébreuse affaire, Sous le soleil de Satan, À rebours

    Ces usages ne sont pas toujours respectés par les éditeurs, et ils peuvent être différents dans d’autres langues que le français.

  • Où mettre des guillemets ?

    Le titre d’une œuvre (livre, tableau, film…) ne se met pas entre guillemets mais se souligne : Madame Bovary.
    Un titre de chapitre, de nouvelle (dans un recueil) ou de poème ne se souligne pas, mais se met entre guillemets. La règle qui concerne les majuscules s’applique à ces titres également.
    Le soulignement et les guillemets s’excluent mutuellement.

10. Citations

  • La citation doit être rigoureusement exacte. On ne peut s’autoriser aucune falsification ni négligence. Donner la référence entre parenthèses, si la formule introductrice ne la donne pas.
  • Tout doit être rédigé. Ne pas utiliser l’initiale du prénom de l’auteur : écrire le prénom entier, ou ne pas l’écrire du tout.
  • Les citations sont généralement précédées des deux points.
  • Dans une citation abrégée, la partie effacée doit être remplacée par «(…)» ou «[…]». Toute modification dans la citation doit être signalée par des crochets, mais il ne faut pas abuser de cet artifice, qui gêne un peu la lecture.
  • Toute citation doit être mise entre guillemets, qui servent d’ailleurs essentiellement à cela, et non à faire admettre un mot maladroit ou familier, ou encore un proverbe ou un lieu commun.
  • Il arrive qu’une citation soit intégrée dans la syntaxe de la phrase, qui doit néanmoins être respectée. Ne pas écrire : «Jules Janin pensait que "Molière a vu de l'homme ses ridicules plutôt que ses vices"«. Écrire : «Jules Janin pensait que "Molière [avait] vu de l'homme ses ridicules plutôt que ses vices"«, ou : «Jules Janin écrivait : "Molière a vu de l'homme ses ridicules plutôt que ses vices."«
  • Quand on cite une phrase entière, le point doit être placé avant le guillemet fermé, comme dans les exemples ci-dessus.
  • Les vers se présentent en retrait par rapport à la marge de gauche, entre deux interlignes, et sans guillemets. Ne pas utiliser la barre oblique, commode seulement pour les éditeurs qui veulent gagner de la place.

11. Soulignement

On souligne les titres d’ouvrages (voir ci-dessus), mais aussi les mots ou les expressions en langue étrangère : un ersatz, une captatio benevolentiæ

12. Abréviations usuelles

Ces abréviations sont peu nombreuses, ne sont pas obligatoires (éviter d’écrire «Mme Bovary de Gustave Flaubert»), et obéissent à des règles assez strictes :

p. = page (éviter «pp.»)
v. = vers (éviter «pp.»)
ch. = chapitre
t. = tome (éviter «vol.», qui s’applique de préférence à des ouvrages en anglais)
sqq. = et suivant(e)s (sequendaque). On peut utiliser aussi «et sq.»
M. = monsieur (pas «Mr.)
Mme = madame
Mlle = mademoiselle

13. Chiffres

  • Les chiffres doivent être donnés en toutes lettres («un homme de vingt-neuf ans»), sauf les dates («en 1929»), les siècles («XVIIIe siècle») et les numéros de page, de vers, de scènes…
  • Les actes sont numérotés en chiffres romains («dans la scène 5 de l’acte III»).

14. Appels de notes

C’est très simple : si des notes sont nécessaires dans un mémoire ou une thèse, elles sont en revanche exclues d’une dissertation ou de tout autre travail manuscrit. Ne jamais mettre de note en marge ou en bas de page.

Français: 

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