S'exprimer oralement (commenter, argumenter) : les mots à employer

Parler d’un texte

Pour bien parler d’un texte, il faut en faire miroiter ses différentes facettes :
- les thèmes, les courants, les genres : ce qui n’est pas spécifique au texte
- l’atmosphère (paisible, austère, tendue…), la coloration (sentimentale, guerrière…)
- le style de l’auteur, c’est-à-dire ses caractéristiques particulières (sobre, chargé, familier, sec, incisif…)
- la tonalité (comique, satirique, tragique, pathétique, polémique, lyrique, solennelle, ironique, sarcastique…)
- son humeur (joyeuse, amère, sereine…), ses sentiments…
- ce qui est abstrait (théorie, vérités générales…) et ce qui est concret (préconisations, exemples…)

Trouver le meilleur plan pour développer son raisonnement

On peut soit s’éloigner, soit se rapprocher de la thèse proposée par l’auteur et préalablement expliquée ou résumée.

À partir de ces deux possibilités, le plan est libre, et se compose de 3 ou de 2 parties. Il peut comprendre, au choix, selon le sujet et selon les idées et la culture personnelle du candidat :
- une réfutation radicale
- une réfutation nuancée
- une confirmation radicale
- et/ou une confirmation nuancée.

Une réfutation nuancée peut consister à accepter une partie de la thèse de l’auteur, mais d’en refuser une autre partie. Cela amène à développer un point de vue légèrement différent.

1e forme de plan possible : l’opposition entre deux thèses (pour / contre). C’est un plan possible, mais un peu binaire, et parfois trop schématique, voire simpliste. Toujours voir si un autre plan n’est pas possible.
2e forme de plan :
1. Voici ce que pense l’auteur - 2. Voici les limites de ce qu’il pense - 3. Voici un autre point de vue, qui échappe à la critique qui vient d’être formulée.

S’exprimer avec rigueur, élégance et variété

Rien n’est plus lassant, pour un examinateur, que d’entendre des formules mécaniques (« dans cet extrait », « nous verrons », « on peut remarquer »…) ou répétitives. Il faut les éviter, et n’employer que les mots appropriés pour donner le sentiment d’être efficace. Il faut aussi varier les expressions.

Les verbes utiles et qui parfois nous font défaut :

1. L’objet du discours

L’auteur indique ou présente
Il développe (une idée), explique (une idée ou un phénomène), analyse, décrit (ou dépeint), dessine (une évolution), démontre, produire (un raisonnement), ébauche, esquisser
Il renseigne son lecteur sur, révèle, mentionne

Il brosse un portrait, campe un personnage
Il crée (un concept, mais aussi une atmosphère …),

ll insiste (sur qch) ou simplement évoque (voire faire allusion à)…
Il identifie quelque chose (idée, phénomène), définit, circonscrit, ou au contraire laisse dans l’ombre

2. Exprimer un point de vue

Il s’engage (ou pas), prend partie, exprime une opinion (nom ou groupe nominal, pas « que… »), expose un point de vue, maintient l’ambiguïté, suspend son jugement
Il caractérise, qualifie (+ nom ou groupe nominal)…
Il affirme, déclare, prétend
Il critique, blâme, réfute, désigne, vise, s’insurge (contre…), s’indigne, déplore, regrette, exprime des réserves, dénonce (= critique ET fait connaître), ironise sur, ou au contraire approuve, loue, exalte, célèbre, fait l’éloge de (un éloge, attention), prône, préconise

Cette thèse reflète… Son discours est teinté de

La subjectivité affleure dans son discours : il exagère, accentue, souligne, caricature, ou au contraire édulcore

Il use de tel ou tel argument.

3. Se référer à d’autres points de vue

L’auteur rappelle, restitue, résume, traduit, retrace… Il concède
Il situe (son propos, un problème)…

4. extraire un élément d’un ensemble

L’auteur met l’accent (sur), met en évidence, détache (un élément d’un ensemble)…

5. Articuler les éléments

L’auteur rapproche deux idées, en les associant, en les unissant ou en les opposant (« à cela s’oppose », « cela contredit », « cela permet de réfuter »…) ; il compose (un tableau par ex.), énumère (voire accumule), construit (un raisonnement, une progression), confirme (une idée par une autre), renforce, renchérit, approfondit, accentue, illustre, introduire

Cause :
- cela résulte, provient, découle, dépend de… ; cela relève de, ressortit à…

Conséquence :
- cela implique, entraîne, amène, suscite, provoque. Il s’ensuit

Il peut ménager un suspens…

Une idée peut en impliquer une autre. L’auteur déduit (d’une idée abstraite, un effet concret), induit (d’un exemple concret, une idée abstraite).

Utiliser et varier les mots coordonnants et subordonnants :
- opposition : au contraire, cependant, toutefois, néanmoins, en revanche… / tandis que, bien que, quoique
- cause : car, en effet / parce que, puisque, étant donné que, comme
- conséquence : ainsi, c’est pourquoi, donc, par conséquent, par suite, dans ces conditions… / si bien que, de telle sorte que, si… que…


6. Action sur le lecteur

L’auteur vise à

Il suggère, laisse entendre (et non « sous-entendre », erreur fréquente), suscite (ou cherche à susciter), communique (ou cherche à communiquer) un sentiment, alerte sur…, avertit, met en garde, provoque (son lecteur), provoque (un sentiment chez son lecteur)…
Une impression émane de, naît de
Le lecteur peut comprendre ou découvrir une idée ou un phénomène, éprouver (un sentiment), il peut être touché, s’interroger, partager, percevoir

Français: 

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