Grec. Point 13 : démonstratifs et relatifs

LES DÉMONSTRATIFS

En grec archaïque, avant d’être un article, ὁ, ἡ, τό était un démonstratif : chez Homère, ὁ θεός signifie « ce dieu ». L’article grec conserve quelque chose de ses origines : c’est un article défini.
Le grec possède trois principaux démonstratifs, correspondant à trois rapports différents entre le locuteur et l’objet qu’il « montre » (demonstrare « montrer », en grec ἀποδεικνύναι), physiquement ou mentalement.

ὅδε, ἥδε, τόδε : rapport de proximité, lien avec la 1e personne.
→ Τόδε τὸ βιβλίον « ce livre (près de moi) », voire « mon livre » ;
οὗτος, αὕτη, τοῦτο : éloignement relatif, lien avec la 2e personne.
→ Τοῦτο τὸ βιβλίον « ce livre (près de toi/vous) », voire « ton/votre livre » ;
ἐκεῖνος, ἑκείνη, ἑκεῖνο (de ἐκεῖ « là-bas ») : éloignement, lien avec la 3e personne.
→ Ἐκεῖνο τὸ βιβλίον « ce livre (qui n’est pas ici) », voire « son livre ».

Déclinaison de ὅδε

Ce mot n’est autre que l’article (ὁ, ἡ, τό), qui fut en son temps un démonstratif, auquel est associée la particule invariable δε. Seule la partie ὁ, ἡ, τό se décline.

masculin féminin neutre
singulier ὅδε
τόνδε
τοῦδε
τῷδε
ἥδε
τήνδε
τῆσδε
τῇδε
τόδε
τόδε
τοῦδε
τῷδε
pluriel οἵδε
τούσδε
τῶνδε
τοῖσδε
αἵδε
τάσδε
τῶνδε
ταῖσδε
τάδε
τάδε
τῶνδε
τοῖσδε
duel τώδε
τοῖνδε


Déclinaison de οὗτος

Ce mot irrégulier possède 4 thèmes différents (οὑτ-, ἀυτ-, τουτ-, ταυτ-).
• Les risques de confusion avec αὐτός sont réels. Toujours se rappeler que contrairement à celui-ci, οὗτος porte un esprit rude, et qu’il est accentué sur sa première syllabe.
• Les désinences sont les mêmes que pour un adjectif de la première classe (δεινός, ή, όν), sauf au neutre singulier qui est en ο, conformément à la déclinaison des pronoms et des déterminants.

masculin féminin neutre
singulier οὗτος
οὗτος
τοῦτον
τούτου
τούτῳ
αὕτη
αὕτη
ταύτην
ταύτης
ταύτῃ
τοῦτο
τοῦτο
τοῦτο
τούτου
τούτῳ
pluriel οὗτοι
οὗτοι
τούτους
τούτων
τούτοις
αὖται
αὖται
ταύτας
τούτων
ταύταις
ταῦτα
ταῦτα
ταῦτα
τούτων
τούτοις
duel τούτω
τούτοιν


Déclinaison de ἐκεῖνος

Les désinences sont les mêmes que pour un adjectif de la première classe (δεινός, ή, όν), sauf au neutre singulier qui est en ο, conformément à la déclinaison des pronoms et des déterminants.

Sur la syntaxe des déterminants (sur les indéfinis : point 18)

1. Si certains s’emploient conjointement avec l’article, d’autres ne sont pas compatibles avec celui-ci.
→ ὁ λόγος, « la parole »
οὗτος ὁ λόγος, « cette parole »
→ λόγος τις, « une parole »

2. Certains déterminants se mettent entre l’article et le nom, comme l’adjectif épithète :
• les possessifs → ὁ ἐμὸς λόγος « ma parole »
• certains indéfinis → ὁ ἄλλος λόγος « l’autre parole ». De même, πολύς « beaucoup » (πολλοὶ λόγοι « beaucoup de paroles ») quand il signifie « la plupart de » : οἱ πολλοὶ λόγοι « la plupart des paroles ».

Autre formulation possible, avec article répété : ὁ λόγος ὁ ἐμὸς.

3. D’autres ne peuvent pas se mettre entre l’article et le nom :
• les démonstratifs → ὅδε ὁ λόγος « ce discours »
• les interrogatifs → ποῖός ἐστιν ὁ λόγος ; « De quelle nature est le discours ? »
• certains indéfinis : ἕκαστος ὁ στίχος « chaque ligne »

Démonstratifs autres que ὅδε, οὗτος et ἐκεῖνος

Valeur qualitative (« tel ») :
τοιοῦτος, τοιαύτη, τοιοῦτο(ν) qui se décline comme οὗτος
→ en corrélation : exprime une comparaison (τοιοῦτος... οἷος... comme…) ou une conséquence (τοιοῦτος... ὥστε... tel… que…)
τοῖος, τοία, τοῖον
τοιόσδε, τοιάδε, τοιόνδε

Valeur quantitative (« aussi grand », « si grand »)
τοσοῦτος, τοσαύτη, τοσοῦτο(ν) qui se décline comme οὗτος
→ en corrélation : exprime une comparaison (τοσοῦτος... ὅσος... aussi grand… que…) ou une conséquence (τοσοῦτος... ὥστε... si grand… que…)
τόσος, τόση, τόσον
τοσόσδε, τοσήδε, τοσόνδε

Phrases sur les démonstratifs

1. Iris, envoyée des dieux à Coucouville-les-Nuées (Νεφελοκοκκυγία, trad. Debidour) pose cette question : Τί ποτ´ ἐστὶ τουτὶ τὸ κακόν ; (Aristophane, Les Oiseaux, v. 1207)
• τουτί = τοῦτο avec ι déictique. Tout démonstratif possède une valeur déictique (δείκνυμι montrer → le démonstratif sert à montrer du doigt) ou une valeur anaphorique (ἀναφέρω rappeler → rappel de ce qui a été dit).
« Τί Quel ποτ´ donc ἐστὶ est τουτὶ τὸ κακόν ; ce mal ? » → « Quelle est donc cette absurdité ? »

2. Le chœur de tragédie reproche à Apollon de négliger les Érinyes, déesses de la vengeance, représentées sous la forme de vieilles femmes. Τοιαῦτα δρῶσιν οἱ νεώτεροι θεοί. (Eschyle, Les Euménides, v. 162)
• τοιοῦτος est un démonstratif à valeur qualitative : « tel ».
• δράω faire, agir. Cf. δρᾶμα action → drame.
• νέος nouveau, jeune.
« Τοιαῦτα De telles (choses) δρῶσιν font οἱ νεώτεροι θεοί les jeunes dieux. »

2. Le sophiste est-il un marchand de sciences ? Réponse d’Hippocrate, interlocuteur de Socrate: Φαίνεται γὰρ ἔμοιγε τοιοῦτός τις. (Platon, Protagoras, 313c)
• ἔγωγε = ἐγώ + particule γε : « moi en tout cas », « quant à moi »
« Φαίνεται Il semble γὰρ en effet ἔμοιγε quant à moi τις quelqu’un τοιοῦτός (de) tel. »

3. Aux enfers, Diogène le cynique rapporte à Alexandre des racontars sur sa mère. Alexandre lui répond : Κἀγὼ ταῦτα ἤκουον ὥσπερ σύ. (Lucien, Dialogues des morts)
• κἀγὼ crase (deux mots mélangés) = καὶ ἐγώ
• ἤκουον : imparfait (voir point 14) de ἀκούω écouter (cf. acoustique), 1e personne du singulier.
• ὥσπερ comme, de même (ne pas confondre avec ὥστε, voir ci-dessus : conséquence, « si bien que »)
« Κἀγὼ Moi aussi ταῦτα cela ἤκουον je (l’)ai entendu ὥσπερ comme σύ toi. »

4. Le créateur a créé le monde à l’imitation du divin. Καθάπερ οὖν αὐτὸ τυγχάνει ζῷον ἀΐδιον ὄν, καὶ τόδε τὸ πᾶν οὕτως εἰς δύναμιν ἐπεχείρησε τοιοῦτον ἀποτελεῖν. (Platon, Timée)
• καθάπερ de même que = κατα + ἄπερ comme
• αὐτός : ici valeur de soulignement (voir point 10)
• τυγχάνει ὄν : le verbe τυγχάνω signifie obtenir (avec complément au génitif), obtenir par hasard (cf. ἡ τύχη le hasard, en latin fortuna). Avec un participe attributif il signifie « être par hasard ». Τυγχάνω ὤν je me trouve être → je suis. Ici le participe est au neutre (participes : point 25).
• ἀΐδιος, ος, ον (épicène) : éternel
• ἡ δύναμις (3e décl.) la puissance → εἰς δύναμιν en puissance
• ἐπεχείρησε aoriste de ἐπιχειρέω-ῶ entreprendre, étym. « mettre la main sur »
• ἀποτελέω-ῶ accomplir. Cf. τὸ τέλος (3e décl.) fin → telos, téléologie, autotélique…
«Καθάπερ Comme οὖν donc αὐτὸ lui-même τυγχάνει ὄν est ζῷον ἀΐδιον un être vivant éternel, καὶ de même τόδε τὸ πᾶν ce tout οὕτως ainsi εἰς δύναμιν en puissance ἐπεχείρησε il entreprit de ἀποτελεῖν (le) rendre τοιοῦτον tel. »

5. Europe est emportée par Zeus qui a pris la forme d’un taureau. C’est elle qui parle :
          … ἑσποµένη βοῒ τῷδε
      ξείνην ναυτιλίην ἐφέπω καὶ πλάζοµαι οἴη.
(Μoschos)
• ἑσποµένη : participe aoriste de ἕπομαι suivre (= (ἐφ)έπω), complément au datif (βοῒ, 3e décl. : vache, bœuf, taureau)
• ξεῖνος, η, ον = ξένος étranger. Cf. xénophobie.
• ἡ ναυτιλίη = ναυτιλία, navigation
• πλάζω égarer, πλάζοµαι moyen s’égarer. Cf. πλανήτης, ου errant → planète.
• οἴη = οἴα. Οἶος, α, oν : seul. Attention à l’esprit ! Οἶος s’écrit avec un esprit doux (disparition d’un s : cf. latin solus), contrairement au relatif οἷος.

LES PRONOMS RELATIFS

Morphologie

Il faut pouvoir reconnaître un pronom relatif : même s’il est tout petit, ce mot est essentiel à la construction d’une phrase ! Il convient également de ne pas le confondre avec un article, par exemple.
Pour former le relatif, il suffit de prendre les désinences d’un adjectif de la 1e classe, à l’exception du neutre singulier (ὅ et non *ὅν). Il n’y a pas de vocatif, bien sûr.

singulier pluriel duel
masculin féminin neutre masculin féminin neutre tous genres
ὅς
ὅν
οὗ

ἥν
ἧς


οὗ
οἵ
οὕς
ὧν
οἷς
αἵ
ἅς
ὧν
αἷς


ὧν
οἷς


οἷν
οἷν


Il existe d’autres pronoms relatifs

Expression de la généralité ou de la précision :
ὅστις « qui (quel qu’il soit) », pour exprimer une généralité. On décline à la fois ὅσ- (comme le relatif simple) et τις. Noter les formes ὅτου (qui concurrence le génitif οὗτινος, masc. ou neutre), ὅτῳ (qui concurrence le datif ᾧτινι, masc. ou neutre), et ἅττα (qui concurrence ἅτινα, neutre pluriel aux cas directs) ;
ὅσπερ, ἥπερ, ὅπερ « qui précisément »

■ Explication du fameux « connais-toi toi-même » de Socrate : … οἱ ἄμοιροι παιδείας καὶ ἀλόγιστοι κατὰ τὸ πλεῖστον ἑαυτοὺς συνετωτάτους ὑπειλήφασιν, ἥπερ ἐστὶ τῶν ἀμαθιῶν ἀμαθεστάτη κατὰ τὸν Πλάτωνα. (Diodore de Sicile)
« οἱ ἄμοιροι ceux qui sont privés παιδείας d’éducation καὶ ἀλόγιστοι et sont dépourvus d’esprit κατὰ τὸ πλεῖστον en général ὑπειλήφασιν ἑαυτοὺς se croient συνετωτάτους très intelligents, ἥπερ ce qui (précisément) ἐστὶ est τῶν ἀμαθιῶν des imbécillités ἀμαθεστάτη la plus imbécile κατὰ τὸν Πλάτωνα selon Platon. »
Noter l’attraction du pronom relatif au genre de ton attribut (τῶν ἀμαθιῶν ἀμαθεστάτη la plus imbécile des imbécillités) : ἥπερ féminin.

Valeur qualitative ou quantitative :
οἷος, οἵα, οἷον (voir plus haut) « tel que », « de nature à » ;
ὅσος, ὅση, ὅσον « aussi nombreux que », « aussi grand que ».
ἡλίκος, η, ον « aussi âgé que » (en corrélation avec les démonstratifs τηλίκος ou τηλικοῦτος « si âgé »)

Relatifs indéfinis :
ὁποῖος « quel que soit celui qui », « quiconque »
ὅποσος « de quelque grandeur que soit celui qui » (grandeur mesurable)
ὁπότερος « quel que soit celui des deux qui »
ὁπηλίκος « quel que soit l’âge de celui qui »
ὁστισοῦν « quel que soit celui qui », « n’importe qui »

Il y a aussi des adverbes relatifs, comme ὅπου, « où ».

■ Οὐκ οἶδα μὲν ἔγωγε εἴ τι δεῖ λόγων ὅπου αὐτὰ τὰ ἔργα δεικνύει τὸ κράτιστον. « Je ne sais pas, quant à moi, s’il faut des mots là où les actions elles-mêmes montrent (→ suffisent à montrer) ce qui est le meilleur (→ ce qu’il y a de mieux à faire). » (Xénophon, Cyropédie)

Le fonctionnement de base du pronom relatif

En grec comme dans n’importe quelle langue, il faut pour comprendre un relatif tenir compte :
• de son antécédent (car le pronom relatif a une valeur anaphorique) ; cet antécédent se trouve dans la proposition dont dépend la relative. Le relatif s’accorde en nombre et en cas avec son antécédent.
• de son cas, c’est-à-dire de sa fonction dans la relative.

■ Ce que disent les Égyptiens sur le Nil : φασι τὸν ποταμὸν ἀρχαιότατον μὲν ὄνομα σχεῖν Ὠκεάνην, ὅς ἐστιν ἑλληνιστὶ Ὠκεανός. «Ils disent que le plus ancien nom du fleuve fut "Océanès", qui en grec se dit "Océan".» (Diodore de Sicile, I. 19)
L’antécédent du relatif (ὅς) est Ὠκεάνην, qui est à l’accusatif (complément d’objet du verbe avoir, σχεῖν). Le relatif s’accorde en genre et en nombre avec cet antécédent, c’est-à-dire au masculin singulier, et sa fonction est sujet du verbe ἐστιν ; il est donc au nominatif.

Les attractions du relatif

• Il arrive que le relatif prenne le genre de son attribut dans la proposition relative : voir plus haut la phrase de Diodore (… ἥπερ ἐστὶ τῶν ἀμαθιῶν ἀμαθεστάτη).

• Il arrive aussi que le relatif prenne le cas de son antécédent.
Cette attraction se fait à deux conditions (et si ces conditions sont réunies, l’attraction est obligatoire) :
• que l’antécédent soit à un cas oblique (génitif ou datif) ;
• que le relatif soit en employé fonction d’accusatif (complément d’objet ou autre).

■ Au sujet des crues et autres particularités du Nil : ὅλως γὰρ ὑπὲρ τῆς ἀναβάσεως τοῦ Νείλου καὶ […] τῶν ἄλλων ὧν ἔχει διαφορῶν παρὰ τοὺς ἄλλους ποταμούς… « Au sujet de la crue du Nil et sur les autres particularités qu’il possède par rapport aux autres fleuves… » (Diodore de Sicile, I. 37) Ὧν a pour antécédent τῶν ἄλλων διαφορῶν (génitif pluriel), et il est complément d’objet de ἔχει.
→ Remarquer qu’une partie de l’antécédent τῶν ἄλλων ὧν ἔχει διαφορῶν se trouve à l’intérieur de la proposition relative (διαφορῶν). Il arrive que l’antécédent inséré dans la relative prenne le cas du relatif.

Si l’antécédent qui exerce une attraction sur le relatif est un simple pronom démonstratif, il disparaît.

■ Διεληλυθότες δὲ ὑπὲρ ὧν προῃρούμεθα (Diodore)… « Ayant discouru au sujet de ce que nous nous proposions de faire… » Ὑπὲρ ὧν est mis pour ὑπὲρ τούτων ἅ..., tournure qui serait incorrecte).

Le relatif employé comme interrogatif indirect

■ La jeune Polyxène, que les Grecs s’apprêtent à sacrifier sur le tombeau d’Achille, évoque son passé de princesse :
         ... ἐθρέφθην ἐλπίδων καλῶν ὕπο
         βασιλεῦσι νύμφη, ζῆλον οὐ σμικρὸν γάμων
         ἔχουσ´, ὅτου δῶμ´ ἑστίαν τ´ ἀφίξομαι.
(Euripide, Hécube)
« ἐθρέφθην je fus nourrie ὕπο par (→ dans) ἐλπίδων καλῶν de belles espérances, νύμφη jeune fille βασιλεῦσι destinée à des rois, ἔχουσα suscitant ζῆλον une émulation οὐ σμικρὸν non petite γάμων de mariages → de prétendants, (pour savoir) δῶμα en la maison ἑστίαν τε et le foyer ὅτου de qui ἀφίξομαι (futur de ἀφικνέομαι-οῦμαι) j’entrerais. »

Phrases sur les relatifs

1. Aphrodite à Héra : Αὔδα ὅ τι φρονέεις. (Homère, Iliade, XIV, v. 195)
• αὐδάω-ῶ dire (même racine que ᾄδω chanter → aède). Αὔδα : impératif 2e pers. du sing.
• φρονέω-ῶ avoir dans le φρήν (esprit cœur)
« Αὔδα Dis ὅ τι ce que φρονέεις tu as à l’esprit. » → « Exprime ton désir. »

2. Ὃ δ' ὄλβιος, ὅντινα Μοῦσαι
φίλωνται.
(Hésiode, Théogonie, v. 96)
• ὄλβιος, α, ον : heureux, riche
« Ὃ δέ Et celui-là ὄλβιος (est) heureux, ὅντινα que (généralité : peu importe qui) Μοῦσαι les Muses φίλωνται aiment (subjonctif : éventualité). »

7. Καίτοι εἰ τοῦτ´ ἀγνοεῖς, οὐδὲ ὅτῳ παραδίδως τὴν ψυχὴν οἶσθα, οὔτ´ εἰ ἀγαθῷ οὔτ´ εἰ κακῷ πράγματι. (Platon, Protagoras, 312c)
8. Οἶσθα εἰς οἷόν τινα κίνδυνον ἔρχῃ ὑποθήσων τὴν ψυχήν; (Platon, Protagoras, 313a)
9. Ἔστι δ´ οἷς ἔδωκεν εἶναι τροφὴν ζῴων ἄλλων βοράν. (Platon, Protagoras, 321b)
10. Tοῖς νέοις παρέδωκεν θεοῖς σώματα πλάττειν θνητά, τό τ᾽ ἐπίλοιπον, ὅσον ἔτι ἦν ψυχῆς ἀνθρωπίνης δέον προσγενέσθαι. (Platon, Timée, 42d)
11. (aux poètes, sur un ton ironique) Οὕτω δὲ καὶ ὑμῖν... μετὰ πάσης ἀληθείας ἐξηγεῖσθαι περὶ ὧν ἴστε καὶ λύειν ἡμῖν τὰς ἀπορίας. (Lucien, Conversation avec Hésiode, 3)
12. (Hésiode se défend, et défend les Muses) Αἱ θεαὶ δὲ τὰς αὐτῶν δωρεὰς οἷς τε ἂν ἐθέλωσι καὶ ἐφ´ ὅσον ἂν οἴωνται καλῶς ἔχειν μεταδιδόασιν. (Lucien, Conversation avec Hésiode, 4)
13. (Zeus à Cyniscos) Οὐκ οἶδ´ ὅ τι σοι ταυτὶ βούλεται τὰ ἐρωτήματα. (Lucien, Jupiter confondu, 5)
14. Οἶδα ὅθεν σοι τὰ κομψὰ ταῦτα ἐρωτήματά ἐστιν. (Lucien, Jupiter confondu, 6)
15. Οἶδα ὅτου ἕνεκα. (Lucien, Jupiter confondu, 9)
16. (Que pouvait faire Laïus, le père d’Œdipe, après avoir reçu l’oracle ?) Ἄχρηστον, ὦ Ζεῦ, προειδέναι τὰ μέλλοντα οἷς γε τὸ φυλάξασθαι αὐτὰ παντελῶς ἀδύνατον. (Lucien, Jupiter confondu, 12)
17. (au sujet du dieu) Εἰ δὲ βούλεται μέν, οὐ δύναται δέ, ἀσθενέστερός ἐστι τῆς αἰτίας δι' ἣν οὐ δύναται προνοεῖν ὧν οὐ προνοεῖ. (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III.10)

Une citation, pour le plaisir
Ὅσοι δὲ τοῖς νεωτέροις εἰσηγοῦνται, μὴ δι' ὧν τὴν δεινότητα τὴν ἐν τοῖς λόγοις ἀσκήσουσιν, ἀλλ' ὅπως τὰ τῶν τρόπων ἤθη σπουδαῖοι πεφυκέναι δόξουσιν, τοσούτῳ μᾶλλον ἐκείνων τοὺς ἀκούοντας ὠφελοῦσιν ὅσον οἱ μὲν ἐπὶ λόγον μόνον παρακαλοῦσιν, οἱ δὲ καὶ τὸν τρόπον αὐτῶν ἐπανορθοῦσιν. (Isocrate, Conseils à Démonicos)
« Ὅσοι δὲ Mais tous ceux qui τοῖς νεωτέροις aux jeunes gens εἰσηγοῦνται expliquent, μὴ non δι' ὧν par quels moyens ἀσκήσουσιν ils s’exerceront à τὴν δεινότητα l’habileté → devenir habiles τὴν ἐν τοῖς λόγοις dans l’éloquence, ἀλλά mais ὅπως comment πεφυκέναι δόξουσιν ils sembleront être σπουδαῖοι sérieux τὰ τῶν τρόπων ἤθη concernant (accusatif de relation) le caractère de leurs manières, τοσούτῳ μᾶλλον d’autant plus ὠφελοῦσιν sont utiles ἐκείνων τοὺς ἀκούοντας à leurs auditeurs ὅσον que οἱ μὲν les uns ἐπὶ λόγον μόνον en vue de l’éloquence seulement παρακαλοῦσιν exhortent, οἱ δὲ tandis que les autres ἐπανορθοῦσιν corrigent καὶ aussi τὸν τρόπον αὐτῶν leur caractère. »

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