La Princesse de Clèves : guide de lecture de l'œuvre

« Je vous avoue que vous m’avez inspiré des sentiments qui m’étaient inconnus… »

Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
Quatrième partie

Première partie

N.B. : la pagination renvoie à l'édition Folio (n° 778).

  1. Galerie de portraits
  2. Les personnages importants de la cour sont présentés, l’un après l’autre, dans un halo de «magnificence» et de «galanterie». Cette galerie révèle le pouvoir de l'apparence, mais aussi les luttes d'influence au sein de la cour.

    M. de Nemours, qui apparaît en dernier, incarne le degré supérieur de la galanterie ; le seul personnage qui présentera un véritable contraste par rapport à ce tableau, sera Mme de Clèves, qui n'en fait pas partie, et qui est absente de cette ouverture.

  3. Manœuvres matrimoninales
  4. Les pourparlers de Cercamp aboutissent à un accord de mariage (entre Elisabeth de France et Don Carlos, d'une part, et entre Madame, sœur du roi, et M. de Savoie, d'autre part). Ces mariages auront lieu à la fin de la troisième partie.
    ■ Le comte de Randan rend visite à la nouvelle reine d'Angleterre, Elisabeth: il reviendra avec une perspective de mariage, car la reine a de l'intérêt pour M. de Nemours.
    ■ Manœuvres du prince de Clèves pour épouser Mlle de Chartres.

  5. Le regard de Mme de Chartres sur la cour
  6. ■ Mme de Chartres expose à sa fille le fonctionnement de la cour. Son discours est essentiellement un discours moral. «L'ambition et la galanterie étaient l'âme de cette cour.» (p. 142) Il y règne une «agitation sans désordre» (p. 143)

    ■ La suite du récit confirme cette «agitation sans désordre», à l’approche du mariage de Mlle de Chartres (tentative du chevalier de Guise, tentative du prince de Clèves, et tentative de Mme de Chartres elle-même pour marier sa fille à M. de Montpensier). Toutes ces tentatives se heurtent à des obstacles et à des rivalités.

    Dès ce moment, le désir (en particulier celui du chevalier de Guise, et celui du prince de Clèves) est en butte à la complexité des rouages de la cour.

    Autre confirmation du regard pessimiste de Mme de Chartres sur la cour : la reine dauphine explique à Mlle de Chartres les raisons l'hostilité de la reine et de Diane de Poitiers à son égard. La réaction de Mlle de Chartres témoigne de sa naïveté : « Mlle de Chartres dit à la reine que ces tristes pressentiments étaient si mal fondés qu’elle ne les conserverait pas longtemps, et qu’elle ne devait point douter que son bonheur ne répondît aux apparences » (p.147)

  7. Mariage de la princesse de Clèves, et rencontre du duc de Nemours
  8. ■ Le mariage de Mlle de Chartres avec le prince de Clèves s'inscrit dans l'atmosphère de la cour («magnificence admirable», p. 151), mais il y a des ombres au tableau (Mme de Clèves n'a pas d'amour pour son mari, et le chevalier de Guise est jaloux de celui-ci). D'autre part, l'air de la princesse de Clèves est «éloigné de la galanterie», ce qui fait d'elle un personnage à la fois remarquable et différent des autres.
    ■ Cependant, le principal problème réside dans la rencontre avec le duc de Nemours, et la naissance d'une passion adultère.

  9. Le pessimisme de Mme de Chartres : l'histoire du roi Henri II
  10. Mme de Chartres fait à sa fille un tableau sombre de la cour de François Ier, père d'Henri II : jalousies, haines, rivalités. Le pessimisme de la mère pèsera, jusqu'à la fin du roman, sur les pensées de la fille.

  11. Premiers secrets, premiers indices
  12. M. de Nemours et Mme de Clèves entretiennent le secret sur leur passion respective ; cependant :
    ■ Mme de Chartres la devine ;
    ■ M. de Condé rapporte des paroles de Nemours qui laissent deviner à Mme de Clèves la passion du duc (p. 164-166).
    Le secret s'accompagne donc d'une indiscrétion, et d'indices qui le dénoncent.

    Mme de Clèves est alors partagée entre la «douleur» de contrevenir au discours moral de sa mère, et le plaisir d'avoir laissé percevoir à Nemours un indice de sa passion.

    ■ Alors même que les négociations de Cateau-Cambrésis éloignent le maréchal de Saint-André de la cour, et débarrassent donc M. de Nemours d'un rival, Mme de Chartres fait à sa fille un éloge empoisonné de M. de Nemours. Elle le présente en effet comme un galant, excitant ainsi à la fois la jalousie de Mme de Clèves et sa honte.

  13. Maladie et mort de Mme de Chartres
  14. Mme de Chartres achève l'instruction morale de sa fille, avant de mourir ; après sa mort, ce discours, intériorisé par la princesse de Clèves, continuera de peser sur celle-ci : la «honte» imposera à Mme de Clèves une censure systématique de son désir.
    Mme de Clèves se retire à Coulommiers, pour la première fois depuis le début du roman.

  15. Mort de Mme de Tournon
  16. À la mort de la vertueuse Mme de Chartres succède celle de la machiavélique Mme de Tournon. M. de Clèves fait à son épouse le récit des infidélités de celle-ci.

Français: 

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