Servitude et soumission

La soumission est-elle dans les détails ?

« C’est surtout dans le détail qu’il est dangereux d’asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté à croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu’on pût jamais être assuré de l’une, sans posséder l’autre. » (Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, t. II, 4e partie, chap. VI)

■ Mise en perspective

Est-il nécessaire, voire seulement utile, de se soumettre ?

« Notre civilisation des mœurs [...] invite à renoncer à la liberté au profit de l'efficacité incarnée par la technique. » (Roland Gori, Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux ?, Les Liens qui libèrent, 2013)

■ Mise en perspective
- la psychanalyse, voie de recherche d'une vérité intérieure. L'efficacité n'est pas sa préoccupation principale.

S'engager, est-ce se libérer ou s'enfermer ?

« Les uns, du côté qui fait appel aux masses, veulent montrer que cette situation est non seulement inique, mais aussi impossible, du moins pour l'avenir proche ou lointain. Les autres, du côté qui désire conserver l'ordre et les privilèges, veulent montrer que le joug pèse peu, ou même qu'il est consenti. Des deux côtés, on jette un voile sur l'absurdité radicale du mécanisme social, au lieu de regarder bien en face cette absurdité apparente et de l'analyser pour y trouver le secret de la machine.

Est-ce par bêtise que nous sommes soumis ?

"La source de la servitude est double : on savait que leur caractère y porte un nombre immense de personnes, mais l'on ne savait pas assez que malgré l'instruction donnée au public, l'entendement de la plupart reste imparfait et le demeurera, faute de loisirs, d'application, voire de sensibilité. Trop d'hommes seront toujours incapables de penser, la pensée les fatigue et ce qui passe le champ de leurs intérêts immédiats ou de leurs inclinations physiques les repousse." (Albert Caraco, Obéissance ou servitude, 1974, p. 74)

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